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France : au procès sur le financement libyen, sept ans de prison requis contre de Sarkozy
information fournie par AFP 13/05/2026 à 17:46

L'ex-président français Nicolas Sarkozy, le 7 avril 2026 au palais de justice de Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

L'ex-président français Nicolas Sarkozy, le 7 avril 2026 au palais de justice de Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

L'accusation a requis mercredi à Paris une peine de sept ans de prison à l'encontre de Nicolas Sarkozy dans le procès en appel sur le financement libyen de sa campagne pour la présidentielle de 2007, une affaire politico-financière à tiroirs qui a déjà valu à l'ancien chef de l'Etat un passage en prison.

La décision de la cour d'appel devrait être rendue le 30 novembre.

En cas de condamnation, l'ex-président français, qui martèle que "pas un centime" d'argent libyen n'a été perçu à cette occasion, aura un dernier recours : le pourvoi en cassation.

Au terme de trois jours d'un réquisitoire féroce, le parquet a, comme en première instance, réclamé à l'encontre de l'ex-chef de l'Etat (2007-2012) une peine de sept années de prison, soit deux de plus que celle qui avait été prononcée en première instance en septembre.

Le présentant comme "le principal, l'unique bénéficiaire", "l'instigateur" de l'association de malfaiteurs "pour lui permettre d'être élu" à l'Elysée, l'avocat général Rodolphe Juy-Birmann n'a pas requis de mandat de dépôt ou d'exécution provisoire.

"Nous démontrerons dans quinze jours, lors de nos plaidoiries, la parfaite innocence de Nicolas Sarkozy", a déclaré de son côté l'un de ses avocats, Christophe Ingrain.

Comme au premier procès, l'accusation a demandé aux juges de déclarer Nicolas Sarkozy coupable de l'ensemble des faits pour lesquels il est poursuivi, y compris la corruption et le financement illégal de sa campagne de 2007, des infractions dont il avait été relaxé en première instance.

L'ancien champion de la droite française, âgé de 71 ans et qui dément toute malversation, avait ainsi été condamné à cinq ans de prison uniquement pour "association de malfaiteurs", le tribunal estimant qu'il avait laissé ses plus proches collaborateurs démarcher le régime libyen en vue de se procurer des fonds pour sa campagne.

- "Accord" avec Kadhafi -

Mais pour les procureurs, Nicolas Sarkozy - qui était alors ministre de l'Intérieur - a conclu un "accord" avec le dictateur libyen Mouammar Kadhafi afin de percevoir des financements occultes du régime libyen en échange de la promesse d'examiner la situation judiciaire de son bras droit.

Ces manœuvres ont, selon le parquet, conduit à "vicier le financement de l'élection suprême de la Ve République".

Ce scénario s'articule autour de deux rencontres secrètes fin 2005 en Libye de Claude Guéant et de Brice Hortefeux, ses plus proches collaborateurs, avec le haut dignitaire libyen Abdallah Senoussi.

Ce beau-frère de Mouammar Kadhafi avait été, six ans auparavant, condamné en son absence à la perpétuité par la justice française pour avoir commandité l'attentat du DC-10 d'UTA qui a fait 170 morts en 1989, dont 54 Français.

Dans les mois qui ont suivi, le régime libyen a fait virer quelque six millions d'euros sur les comptes de l'intermédiaire Ziad Takieddine, présent au cours des réunions occultes avec le numéro deux libyen.

L'ancien ministre français de l'Intérieur, Brice Hortefeux, arrive au Palais de justice de Paris, le 11 mai 2026, pour le procès en appel dans l'affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 ( AFP / Alain JOCARD )

L'ancien ministre français de l'Intérieur, Brice Hortefeux, arrive au Palais de justice de Paris, le 11 mai 2026, pour le procès en appel dans l'affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 ( AFP / Alain JOCARD )

Après sa condamnation en première instance, Nicolas Sarkozy est devenu le premier président emprisonné dans l'histoire de la République française, passant 20 jours derrière les barreaux de la prison parisienne de la Santé jusqu'à sa libération sous contrôle judiciaire dans l'attente du procès en appel.

Le risque d'une nouvelle incarcération, plus longue, menace désormais l'ancien chef de l'Etat même si une éventuelle condamnation en novembre ne deviendrait pas aussitôt définitive, Nicolas Sarkozy pouvant se pourvoir en cassation.

La plus haute instance judiciaire a récemment rejeté ses recours contre deux autres condamnations pénales en appel, dans l'affaire dite des écoutes et l'affaire Bygmalion du financement de sa campagne de 2012, les rendant définitives et entraînant l'exécution des peines.

À l'encontre de Claude Guéant et Brice Hortefeux, le parquet général a demandé globalement de confirmer leurs peines de première instance.

L'ancien secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, le 8 avril 2025 au tribunal de Paris ( AFP / Thibaud MORITZ )

L'ancien secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, le 8 avril 2025 au tribunal de Paris ( AFP / Thibaud MORITZ )

Claude Guéant, un ancien secrétaire général de l'Elysée, avait été condamné à six ans de prison ferme pour un ensemble d'infractions, notamment reconnu coupable de s'être laissé corrompre par l'argent libyen via l'intermédiaire Alexandre Djouhri.

A l'inverse de Nicolas Sarkozy, il n'avait pas été emprisonné en raison de son état de santé qui l'a encore empêché d'assister au procès en appel.

Quant à Brice Hortefeux, il avait été condamné à une peine aménageable de deux ans de prison, à effectuer avec un bracelet électronique. En appel, la même durée de privation de liberté a été requise.

3 commentaires

  • 13 mai 18:37

    Et toujours aucune preuve matérielle..


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