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Grèce: les dirigeants de l'ex-parti néonazi Aube dorée reconnus coupables en appel
information fournie par AFP 04/03/2026 à 15:10

L'ancien fondateur et chef d'Aube dorée Nikos Michaloliakos, à Athènes le 22 octobre 2020 ( Eurokinissi / Michalis KARAGIANNIS )

L'ancien fondateur et chef d'Aube dorée Nikos Michaloliakos, à Athènes le 22 octobre 2020 ( Eurokinissi / Michalis KARAGIANNIS )

Les dirigeants de l'ex-parti néonazi grec Aube dorée ont été reconnus coupables mercredi d'"appartenance et de direction d'une organisation criminelle" par une cour d'appel d'Athènes qui les jugeait notamment pour le meurtre d'un rappeur en 2013.

La présidente de la Cour, Fotini Athanassiou, devrait annoncer vraisemblablement jeudi les peines de prison infligées au fondateur et ancien chef d'Aube dorée Nikos Michaloliakos, à un ancien député européen, Yiannis Lagos, ainsi qu'à cinq autres anciens dirigeants de ce parti aujourd'hui disparu de la scène politique grecque.

Ils risquent jusqu'à 15 ans de prison ferme dans ce procès fleuve en deuxième instance, qui a débuté en juin 2022 devant une Cour d'Athènes. Certains, parmi lesquels M. Lagos, sont sous les verroux après leur condamnation en 2020 en première instance.

Parmi les crimes imputés à cette formation, qui compta des députés du parlement grec au plus fort de la crise financière, figurent le passage à tabac de pêcheurs égyptiens en 2012 et le meurtre du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas en 2013.

Son auteur, Giorgos Roupakias a été reconnu coupable d'assassinat.

Quarante-deux cadres d'Aube dorée au total étaient jugés en appel depuis 2022, un procès fleuve à l'issue d'une procédure en première instance de cinq ans.

Mercredi quelque 200 personnes se sont rassemblées devant le tribunal en soutien aux proches de Pavlos Fyssas, dont l'assassinat avait provoqué une onde de choc dans une Grèce en pleine crise financière.

En première instance, les principaux dirigeants d'Aube dorée, dont M. Michaloliakos, avaient été condamnés à treize ans et demi de prison pour meurtre, agressions et possession illégale d'armes.

Dans ce verdict historique, Aube dorée avait déjà été reconnue comme une "organisation criminelle" par les juges.

Les cadres d'Aube dorée ont toujours nié leur implication dans ces attaques menées, selon eux, par des "escouades d'assaut" du groupe.

Mais la procureure Kyriaki Stefanatou avait assuré que Nikos Michaloliakos exerçait "un contrôle total et avait pleinement connaissance de ce qui se passait" au sein de la formation, notamment de ses actions violentes.

Elle avait qualifié la formation de "véritable enfant de l'idéologie nazie".

Nikos Michaloliakos, un mathématicien négationniste de 68 ans, avait bénéficié l'an dernier d'une libération conditionnelle pour raison de santé.

- Salut hitlérien -

Parmi les principaux responsables d'Aube dorée toujours derrière les barreaux figure l'ancien député européen Yiannis Lagos, extradé de Belgique en 2021 pour purger sa peine de plus de treize ans de prison.

M. Lagos avait pris pour défenseur un théoricien d'extrême droite, Constantinos Plevris, père de l'actuel ministre des Migrations, Thanos Plevris, jusqu'à ce que cet avocat soit radié du barreau d'Athènes pour avoir fait le salut hitlérien au tribunal.

L'ancien porte-parole du parti, Ilias Kasidiaris, purge une peine de treize ans et six mois prononcée en première instance.

Son avocate, Vasso Pantazi a assuré que cet homme, qui avait notamment giflé une députée sur un plateau de télévision et s'était fait tatouer une croix gammée, n'est "pas dangereux et peut apporter une contribution positive à la société".

Avant les élections législatives de 2023, la justice l'avait banni du scrutin alors qu'il avait annoncé, depuis sa prison, son intention de briguer un mandat de député après avoir déjà siégé au parlement de 2012 à 2019.

L'organisation xénophobe et antisémite créée par M. Michaloliakos est restée pendant des décennies un parti marginal, jusqu’à la crise financière à partir de 2010.

Dans ses premières années, Aube dorée glorifiait Adolf Hitler dans ses publications partisanes avant de modérer quelque peu sa rhétorique.

Le parti avait su tirer profit du très fort mécontentement populaire face aux mesures d'austérité et fait son entrée au Parlement pour la première fois en 2012. Il y est resté jusqu'en 2019.

À l’apogée de son influence, il était le troisième plus grand parti en Grèce.

M. Michaloliakos a accusé les partis traditionnels d’avoir conduit le pays à la faillite.

"Ces mains se lèvent parfois (pour faire le salut nazi), mais ce sont des mains propres. Elles n'ont pas volé", avait-il lancé.

Lors du procès en première instance, les procureurs avaient affirmé qu'il dirigeait son parti selon une hiérarchie calquée sur celle du parti national-socialiste d'Hitler.

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