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IA dans les entreprises: une adoption rapide, sans effet immédiat sur la productivité
information fournie par Boursorama avec AFP 03/09/2026 à 18:29
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( AFP / FRANCK FIFE )

( AFP / FRANCK FIFE )

L'intelligence artificielle s'installe rapidement dans les entreprises françaises, note jeudi une enquête de la Banque de France, qui observe toutefois une "forte hétérogénéité des usages" et des gains de productivité "encore limités".

Début 2026, plus des deux tiers des entreprises de plus de 20 salariés déclaraient utiliser "des outils d'IA générative", souligne la Banque de France, qui a publié jeudi son enquête, menée auprès d'environ 7.000 entreprises.

L'institution explique cette adoption rapide par une "barrière à l'entrée relativement faible, à la fois en matière de compétences techniques et de disponibilité des données", l'IA générative pouvant être utilisée "directement par les salariés au travers d'outils standardisés" comme ChatGPT, ou "intégrés aux suites bureautiques", comme Microsoft Copilot, étaye la Banque de France dans son étude.

L'IA non générative, c'est-à-dire l'ensemble des technologies d'intelligence artificielle conçues pour analyser, classer, optimiser des données sans créer de nouveaux contenus (reconnaissance visuelle, traitement statistique...), est quant à elle plus en retrait.

"Elle repose souvent sur l'exploitation de données structurées et nécessite des capacités d'intégration plus importantes", explique la Banque de France, ce qui conditionne nettement son adoption à la taille de l'entreprise: seules 30% des entreprises de moins de 50 salariés l'utilisent, quand les plus grandes entreprises sont 60% à en faire usage.

Malgré cette adoption rapide et large, les bénéfices économiques promis par l'avènement de l'IA dans les entreprises se font encore attendre: seul un tiers des entreprises constatent des gains de productivité.

Manque de "cas d'usage"

"Les gains de productivité inégaux (...) décrits par les entreprises suggèrent une forte part des usages expérimentaux de l'IA" ainsi qu'une "intégration imparfaite dans les processus productifs", souligne la Banque de France.

"Les usages les plus matures de l'IA, à forte valeur ajoutée, sont encore restreints aux secteurs spécialistes du traitement de l'information", ajoutent les auteurs de l'étude.

Dans les entreprises, l'usage de l'IA trouve une bonne partie de ses limites dans "le manque de cas d'usage": la moitié des entreprises qui n'utilisent pas l'IA explique n'avoir pas encore identifié de tâches à accomplir grâce à cette technologie.

Les économistes ont des avis partagés quant aux gains de productivité induits par l'IA.

Le prix Nobel d'économie Daron Acemoglu estimait dans une étude en 2024 qu'elle apporterait un peu moins d'1% de croissance du PIB à 10 ans.

Pour autant, ces dernières années, le retard dans le numérique a été le "principal facteur du décrochage de la productivité française par rapport aux Etats-Unis", affirme une note publiée mercredi par la direction générale du Trésor.

"En France et en Europe, l'adoption des technologies numériques a été significativement plus lente qu'aux États-Unis, en particulier au sein des grandes entreprises et dans certains secteurs comme les services", expliquent les auteurs de la note, soulignant qu'aux Etats-Unis, 78% des entreprises utilisaient déjà "au moins une technologie numérique avancée" en 2025, soit près de 20 points de plus qu'en France.

Or, pour le Trésor, "une moindre adoption de l'IA est un risque important", bien que "difficilement mesurable".

Même chose sur le front des investissements: le prix Nobel d'économie Jean Tirole estimait ainsi jeudi sur France Inter qu'après avoir "négligé la Tech", l'Europe, aujourd'hui "quasiment absente" sur l'intelligence artificielle, est désormais faible et sans "les moyens de (ses) ambitions".

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