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La BCE maintient ses taux, laisse la porte ouverte à une hausse en septembre
information fournie par Reuters 23/07/2026 à 18:09
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La Banque centrale européenne (BCE) à Francfort

La Banque centrale européenne (BCE) à Francfort

La Banque centrale européenne (BCE) a comme prévu maintenu son taux d'intérêt de ‌référence inchangé jeudi, à 2,25%, tout en laissant la porte ouverte à un relèvement en septembre, alors que la récente flambée des prix du pétrole vient assombrir ​les espoirs de voir l'inflation s'atténuer.

Ce statu quo intervient après un relèvement des coûts d'emprunt en juin, le premier depuis près de trois ans, une mesure visant à freiner l'inflation qui s'accélérait depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, fin février.

Les hostilités entre l'Iran et les États-Unis et les restrictions à la navigation ​dans le détroit d'Ormuz et en mer Rouge ont entraîné ce jeudi une envolée des cours du pétrole Brent à 100 dollars le baril, leur plus haut depuis fin mai, ce qui anéantit les espoirs d'un ​ralentissement rapide des pressions inflationnistes, une perspective qui avait rassuré les marchés après ⁠la signature, en juin, du protocole d'accord entre Washington et l'Iran.

"L'incertitude reste élevée et l'impact inflationniste de la crise énergétique ne s'est pas encore ‌pleinement manifesté", a souligné la banque centrale dans son communiqué de politique monétaire.

Si les dernières données officielles montrent que l'inflation en zone euro a ralenti à 2,8% en juin, elle reste bien au-dessus de l'objectif de 2% fixé par la BCE.

"Plus les prix ​de l'énergie restent élevés longtemps, plus ils risquent de faire ‌grimper l'inflation générale par le biais d'effets indirects et de deuxième tour", a déclaré jeudi Christine Lagarde, présidente ⁠de la BCE, lors de la traditionnelle conférence de presse qui suit l'annonce.

La guerre au Moyen-Orient a complètement bouleversé les perspectives des banques centrales du monde entier, la hausse des prix de l'énergie faisant resurgir le spectre de l'inflation, mais également des craintes quant à l'impact sur l'activité économique.

"Les indicateurs prospectifs laissent entrevoir que la ⁠croissance économique restera modérée à court ‌terme, freinée par le choc énergétique et les incertitudes qui en découlent. Les facteurs fondamentaux de la croissance à moyen terme ⁠restent toutefois intacts", a précisé la cheffe de la banque centrale.

AUCUN EFFET DE SECOND TOUR

Plusieurs responsables de la BCE ont souligné début juillet que les effets de ‌second tour de l'inflation ne s'étaient pas encore concrétisés, ce qui constitue la principale raison pour laquelle la BCE peut se permettre de ⁠faire preuve de patience et marquer une pause ce mois-ci.

Des coûts énergétiques élevés ont tendance à faire grimper ⁠le prix de tous les biens et ‌services et, à terme, à encourager les revendications salariales, ce qui déclenche une spirale inflationniste des salaires et des prix.

Une enquête de la BCE publié lundi montre ​que les entreprises de la zone euro prévoient une hausse plus modérée de leurs ‌prix de vente et s'attendent également à un ralentissement de la croissance des salaires.

La présidente de la Banque centrale a par ailleurs indiqué devant les journalistes que certains responsables s'étaient interrogés sur ​la justification d'une hausse des taux ce mois-ci, mais que, finalement, la décision de les maintenir avait été prise à l'unanimité.

Les marchés estiment à environ 95% la probabilité d'un relèvement de 25 points de base en septembre, et à un pourcentage similaire celle d'un autre d'ici décembre, ce qui correspond aux prévisions ⁠qui existaient déjà avant la décision de la BCE.

"Après avoir été l'une des premières banques centrales à agir en début d'année en relevant ses taux face aux pressions inflationnistes, la BCE réaffirme avec la réunion d'aujourd'hui son approche : anticiper le risque plutôt que d'y réagir après coup", soulignent les gérants de JP Morgan Private Bank.

"La BCE a agi comme attendu, mais le ton de son communiqué dépasse celui d'une simple pause. En insistant sur le fait que l'impact inflationniste du choc énergétique n'a pas encore été pleinement ressenti, elle exerce une pression claire sur sa réunion de septembre", écrivent pour leur part les économistes de Banque Richelieu.

(Reportage Balazs ​Koranyi et Francesco Canepa, rédigé par Diana Mandiá)

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