Aller au contenu principal
Fermer

L'influence de Trump sur son camp mise à l'épreuve au Congrès
information fournie par AFP 05/06/2026 à 07:57

Le Capitole de Washington, siège du Congrès américain, le 4 juin 2026 ( AFP / Kent NISHIMURA )

Le Capitole de Washington, siège du Congrès américain, le 4 juin 2026 ( AFP / Kent NISHIMURA )

Donald Trump voit jeudi le contrôle de sa majorité au Congrès mis à l'épreuve par une série de votes tests, après que des élus républicains ont exprimé leur malaise face à des exigences du président.

Le Sénat a entamé un marathon législatif sur un texte qui prévoit notamment de financer la police de l'immigration (ICE) et la police aux frontières (CBP) pour près de 70 milliards de dollars sur trois ans.

Les démocrates, qui dénoncent les agissements de ces deux agences depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, s'opposent vivement à ce projet de loi et vont proposer jeudi une série d'amendements pour le vider de sa substance.

Le président américain Donald Trump parle à la presse dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 3 juin 2026 ( AFP / Mandel NGAN )

Le président américain Donald Trump parle à la presse dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 3 juin 2026 ( AFP / Mandel NGAN )

L'un d'eux, qui aurait renvoyé l'ensemble du texte pour un examen en commission, a été soutenu par trois sénateurs républicains mais a finalement échoué de peu.

Un autre, destiné à interdire d'utiliser des fonds publics pour construire la salle de bal à la Maison Blanche ardemment souhaitée par Donald Trump, a échoué à obtenir les 60 voix nécessaires mais a tout de même été soutenu par six sénateurs républicains.

Car si le financement de l'ICE et de la CBP fait globalement consensus à droite, ce n'est pas le cas d'autres volets du texte, ajoutés à la demande de la Maison Blanche.

- "Stupide" -

Initialement, le projet de loi sur l'ICE et la CBP prévoyait en parallèle un milliard de dollars pour le Secret Service, l'agence de protection des personnalités politiques aux Etats-Unis.

Les fonds devaient être utilisés pour des infrastructures de sécurité liées au projet de salle de bal.

Mais face à l'opposition plus ou moins affichée de sénateurs républicains, réticents à l'idée d'utiliser des fonds publics pour construire une luxueuse salle de réception, le projet de loi ne comprend finalement plus ce milliard de dollars.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat américain, John Thune, dans les couloirs du Capitole de Washington, le 4 juin 2026 ( AFP / Kent NISHIMURA )

Le chef de la majorité républicaine au Sénat américain, John Thune, dans les couloirs du Capitole de Washington, le 4 juin 2026 ( AFP / Kent NISHIMURA )

Autre sujet de discorde, le fonds "anti-instrumentalisation" de près d'1,8 milliard de dollars censé dédommager des individus que le gouvernement présente comme des victimes du système judiciaire. L'opposition démocrate l'a dénoncé comme une "caisse noire" pouvant notamment bénéficier aux partisans de Donald Trump qui ont pris d'assaut le Capitole à Washington le 6 janvier 2021.

Plusieurs élus républicains ont aussi exprimé leur rejet de cette initiative.

"C'est totalement stupide, moralement répréhensible — à vous de choisir", avait déclaré fin mai le sénateur républicain Mitch McConnell, ancien chef de la majorité.

Son collègue Thom Tillis avait lui qualifié l'idée de "grand n'importe quoi ".

Face à cette résistance dans le camp présidentiel, le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, avait annoncé mardi renoncer à ce projet.

- Iran et Ukraine -

Mais les opposants craignent que cela reste un voeu pieux et veulent que cet abandon soit gravé dans le marbre. Plusieurs amendements en ce sens sont soumis au vote lors du marathon législatif de jeudi.

Le sénateur républicain de Caroline du Nord, Thom Tillis, lors d'une audition du choix de Donald Trump pour présider la Réserve fédérale, Kevin Warsh, à Washington le 21 avril 2026 ( AFP / Mandel NGAN )

Le sénateur républicain de Caroline du Nord, Thom Tillis, lors d'une audition du choix de Donald Trump pour présider la Réserve fédérale, Kevin Warsh, à Washington le 21 avril 2026 ( AFP / Mandel NGAN )

L'un d'eux, proposé par le républicain Thom Tillis, a cependant été rejeté par l'immense majorité des sénateurs, les démocrates s'opposant à ce que les dollars prévus pour le fonds soient redirigés vers un programme du gouvernement de lutte contre la fraude.

De l'autre côté du Capitole, à la Chambre des représentants, les députés ont adopté jeudi une proposition de loi prévoyant de nouvelles sanctions importantes contre la Russie et un paquet de 8 milliards de dollars d'aide militaire à l'Ukraine - au moment où le gouvernement Trump a largement abandonné le soutien à Kiev organisé par le démocrate Joe Biden. Le texte se dirige à présent vers le Sénat.

Avec ces différents votes jeudi à rebours de ses volontés, Donald Trump va de revers en revers au Congrès ces derniers temps.

Le président américain Donald Trump parle à la presse devant le chantier de la future salle de bal de la Maison Blanche, à Washington, le 19 mai 2026 ( AFP / Kent NISHIMURA )

Le président américain Donald Trump parle à la presse devant le chantier de la future salle de bal de la Maison Blanche, à Washington, le 19 mai 2026 ( AFP / Kent NISHIMURA )

Mercredi déjà, la Chambre avait approuvé une résolution pour ordonner la fin de la guerre contre l'Iran - un texte à la portée avant tout symbolique - grâce aux voix de quatre députés républicains.

Et le Sénat pourrait en faire de même dans les prochains jours.

Donald Trump a fustigé ce vote jeudi, affirmant qu'il menaçait les discussions en cours avec Téhéran.

"Qui ferait quelque chose d'aussi antipatriotique? Ils savent bien où en sont les négociations", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.

1 commentaire

  • 04 juin 22:18

    Un éléphant (emblème des républicains US), ça Trump énormément.


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires