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Les Etats-Unis vont imposer un blocus des ports iraniens après l'échec des pourparlers
information fournie par AFP 13/04/2026 à 02:00

Un passante devant une fresque anti-américaine sur le mur de l'ancienne ambassade américaine à Téhéran, le 11 avril 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

Un passante devant une fresque anti-américaine sur le mur de l'ancienne ambassade américaine à Téhéran, le 11 avril 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

Les Etats-Unis ont annoncé qu'ils allaient imposer à partir de lundi un blocus aux ports iraniens après l'échec des pourparlers directs entre les deux pays, dont Washington et Téhéran se renvoient la responsabilité.

Dès l'annonce de l'impasse, le Pakistan, hôte de ces négociations, a appelé au respect de la trêve de deux semaines convenue mercredi entre les Etats-Unis et l'Iran. Mais aucune des deux parties ne s'est exprimée sur le devenir du cessez-le-feu devant expirer le 22 avril.

Cet échec fait craindre une reprise de la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février, qui a fait plus de 6.000 morts, surtout en Iran et au Liban, et qui perturbe l'économie mondiale.

L'armée américaine a annoncé dimanche qu'elle imposerait à partir de lundi à 14H00 GMT un blocus aux "navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens", faute d'accord pour mettre fin au conflit.

Mais elle a précisé qu'elle autoriserait la circulation des navires ne partant pas ou ne se dirigeant pas vers l'Iran à travers le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial et l'approvisionnement en pétrole, selon un communiqué du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom.

Après l'annonce ce blocus, le baril de pétrole américain est remonté au-delà des 100 dollars lundi à la réouverture des marchés, en hausse de plus de 8 %.

- "A deux doigts" d'un accord -

S'il a assuré que les discussions de plus de 20 heures s'étaient "bien" déroulées et que "la plupart des points avaient fait l'objet d'un accord", le président américain Donald Trump en a attribué l'échec à un refus de l'Iran de renoncer à se doter de l'arme nucléaire, une ambition démentie par Téhéran.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, qui a participé à ces négociations à Islamabad, la capitale pakistanaise, a de son côté assuré que les deux pays étaient à "deux doigts" d'un accord, imputant leur échec au "jusqu'au-boutisme américain".

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, avait auparavant évoqué "une atmosphère de suspicion et de méfiance", jugeant "évident" qu'un accord ne pouvait être obtenu "en une seule session".

Les Etats-Unis vont entamer un "processus de BLOCUS de tous les navires tentant d'entrer ou de sortir du détroit d'Ormuz", a écrit Donald Trump dans sa première réaction à l'annonce de l'échec des pourparlers.

Une famille iranienne dans le centre de Téhéran, le 10 avril 2026 ( AFP / - )

Une famille iranienne dans le centre de Téhéran, le 10 avril 2026 ( AFP / - )

Sans détailler les modalités d'une telle opération, alors que le passage est verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre, il a affirmé sur Fox News que le Royaume-Uni "et quelques autres pays" enverraient des dragueurs de mines.

L'Iran "ne cèdera à aucune menace", a répondu le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui conduisait la délégation iranienne à Islamabad.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé de piéger leurs ennemis dans un "tourbillon mortel", affirmant avoir "entièrement sous contrôle" la navigation dans le détroit, où Téhéran a instauré des droits de passage.

Selon l'agence de presse iranienne Fars, deux pétroliers battant pavillon pakistanais s'y dirigeant ont fait demi-tour dimanche, tandis que des centaines de navires de commerce restent bloqués.

De la fumée s'élève après une frappe israélienne sur Nabatiyé, dans le sud du Liban, le 12 avril 2026 ( AFP / Abbas Fakih )

De la fumée s'élève après une frappe israélienne sur Nabatiyé, dans le sud du Liban, le 12 avril 2026 ( AFP / Abbas Fakih )

"Il y a peu de raisons de penser qu'un blocus contraindrait l'Iran à capituler. En fait, la résilience dont le pays a fait preuve jusqu'à présent suggère l'inverse", estime Danny Citrinowicz, chercheur à l'Institut d'études sur la sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv, soulignant qu'un tel dispositif exigerait un "déploiement massif et prolongé de ressources américaines".

- Front libanais toujours actif -

Bien que les délégations aient quitté le Pakistan, elles n'ont pas fermé la porte à une poursuite des tractations.

"Nous repartons d'ici avec une proposition très simple, une approche qui constitue notre offre finale et la meilleure que nous puissions faire", a lancé le vice-président américain, JD Vance, avant son départ. "Nous verrons si les Iraniens l'acceptent".

Sur le deuxième front principal de la guerre, le Liban, des pourparlers sont prévus mardi entre des représentants libanais et américains à Washington, après le feu vert donné par Israël sous pression américaine.

Au moins six personnes ont péri dimanche dans des frappes israéliennes sur le sud du pays, selon le ministère libanais de la Santé, dont un secouriste de la Croix-Rouge libanaise.

Des roquettes tirées vers Israël depuis le sud du Liban, le 11 avril 2026 ( AFP / Jalaa MAREY )

Des roquettes tirées vers Israël depuis le sud du Liban, le 11 avril 2026 ( AFP / Jalaa MAREY )

Après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, Israël a soutenu que le Liban n'était pas inclus dans l'accord.

"La guerre continue, y compris dans la zone de sécurité au Liban", a affirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, au cours de sa première visite dans le sud du Liban depuis le début des hostilités contre le mouvement pro-iranien Hezbollah, en référence au territoire dont son armée a pris le contrôle.

Son homologue libanais, Nawaf Salam, a assuré que Beyrouth oeuvrait à obtenir par la négociation un retrait total d'Israël.

30 commentaires

  • 09:29

    Zapad-rV, toujours à soutenir le refus absolu de Poutine de signer le moindre cessez-le-feu pérenne avec l’Ukraine mais à accorder un tel cessez-le-feu à l’Iran islamique sous prétexte qu’il appartient à l’international terroriste et totalitaire avec la Russie?


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