Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
Fermer

Diversité et inclusion : après les menaces de l'administration Trump, le monde français de l'entreprise n'a pas l'intention de reculer
information fournie par Boursorama avec Media Services 02/04/2025 à 17:55

Le président du Medef a critiqué une "dérive du gouvernement américain, du président américain lui-même, qui veut signifier une emprise sur l'économie mondiale et les valeurs européennes".

Donald Trump à Washington, aux États-Unis, le 31 mars 2025. ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / ANDREW HARNIK )

Donald Trump à Washington, aux États-Unis, le 31 mars 2025. ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / ANDREW HARNIK )

Les entreprises françaises portent des "valeurs" non "négociables". Autorités, syndicats et patronat sont unanimes dans leur refus de s'incliner après un récent de l'administration américaine menaçant les entreprises qui pratiquent des politiques de non-discrimination et de soutien à la diversité, l'inclusion et l'égalité.

Comme dans d'autres pays européens, l'ambassade américaine a demandé à quelques dizaines d'entreprises françaises si elles avaient des programmes internes de lutte contre les discriminations, dans un courrier adressé la semaine dernière et que l' AFP s'est procuré. La missive suggère que, le cas échéant, c ela pourrait les empêcher de travailler avec les États-Unis . L'information s'inscrit dans un contexte de fortes tensions commerciales alimentées par Donald Trump. "Aucune vérification n'est requise, au-delà de demander aux entrepreneurs et aux bénéficiaires de certifier eux-mêmes leur conformité. En d'autres termes, nous leur demandons simplement de remplir un document supplémentaire", a écrit l'ambassade des États-Unis en France dans des déclarations transmises à l' AFP , à l'instar de son homologue à Berlin pour l'Allemagne.

"Diversité & inclusion ne sont pas des slogans mais des valeurs partagées en France et un facteur de performance démontré pour nos entreprises", a réagi lundi la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet sur le réseau X. "Elles ne sont pas à négocier ou à vendre à la découpe" , a-t-elle poursuivi.

"Nous, ce qu'on a, c'est un cadre légal qui fait que les entreprises sont obligées, de toute façon, de se conformer " à ces règles qui bannissent toutes formes de discrimination, rappelle à l' AFP la ministre chargée de l'Égalité femmes-hommes Aurore Bergé. "Il n'y a aucun renoncement qui pourrait être fait" côté entreprises, souligne la ministre, avant de prévenir que si celles-ci veulent revoir à la baisse leurs engagements en la matière, "elles ne pourront pas faire moins que ce que prévoit la loi en France".

"Intimidations"

"Les entreprises françaises ne font pas de discrimination positive", rappelle à l' AFP Yann Tanguy, secrétaire général de la Charte de la diversité, signée par plus de 5.000 entreprises en France. En revanche, "elles ont des actions positives d'égalité des chances et d'inclusion au sein de leurs structures", ajoute-t-il, rappelant les textes en la matière : "La loi qui favorise l'emploi des personnes en situation de handicap et les lois qui visent à la parité homme-femme dans les organes de gouvernance, conseil d'administration et direction dans les entreprises".

"Ce courrier met une forme de pression commerciale sur les entreprises et leurs dirigeants", estime Yann Tanguy, mais pour l'heure, "la Charte n'a pas le sentiment que ses adhérents, les entreprises et les signataires vont reculer" sur ces valeurs.

La CFDT, première organisation syndicale en France, "demande aux entreprises et groupes français de résister à ̀ces intimidations et de ne pas remplir le formulaire synonyme de soumission à l'administration Trump", dans un communiqué diffusé mardi. "Qu'elles soient prudentes, on l'entend, mais il n'est pas question qu'elles appliquent" les nouvelles doctrines du gouvernement américain, précise à l' AFP une de ses cadres, Béatrice Lestic.

"Face aux dangers de la 'trumpisation' du monde, de la montée de l'extrême droite dans notre pays et en Europe, nous avons besoin de la garantie qu'aucun 'backlash' (contrecoup, ndlr) ne sera toléré", ont souligné dans un communiqué la CGT, Solidaires, l'Unsa et la FSU.

Pour Patrick Martin, le président du Medef, interrogé dimanche sur LCI , "on ne peut pas s'incliner, nous avons des valeurs, des règles, nous nous devons de les respecter" .

Il a également critiqué une "dérive du gouvernement américain, du président américain lui-même, qui veut signifier une emprise sur l'économie mondiale et les valeurs européennes".

Selon Yann Tanguy, "les choses ne vont pas changer brutalement en France". "Pour prendre le contre-pied", il pense que "les entreprises auront plutôt tendance à contourner la difficulté, par exemple en renommant des postes. Il n'y aura plus des directeurs diversité-inclusion, mais des directeurs promotion de la vie culturelle".

13 commentaires

  • 02 avril 21:31

    En théorie les lois et dispositifs devraient être les plus neutre possible Pourquoi on devrait se baser sur les femmes et le féminisme ? Elles en sont incapables en 40 ans elle base leur égalité sur un nombre de filles et de femmes. La construction sociale féministe n'est ni libérale ni neutre mais uniquement les filles et les femmes et leur proportion C'est ça leur égalité forcément ce n'est pas sans défaut et elles ont besoin de tout contrôler


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi