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Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages
information fournie par AFP 03/04/2025 à 03:35

Une fille palestinienne pleure au milieu des débris près d'une maison touchée lors de frappes israéliennes à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 avril 2025 ( AFP / Eyad BABA )

Une fille palestinienne pleure au milieu des débris près d'une maison touchée lors de frappes israéliennes à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 avril 2025 ( AFP / Eyad BABA )

Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

- Critiques des familles d'otages -

De la fumée s'élève au dessus du centre de la bande de Gaza, après un bombardement israélien, le 2 avril 2025 ( AFP / Eyad BABA )

De la fumée s'élève au dessus du centre de la bande de Gaza, après un bombardement israélien, le 2 avril 2025 ( AFP / Eyad BABA )

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

- "Où est le monde?" -

Vue aérienne d'un quartier de Jabalia dans le nord de Gaza dévasté par la guerre, le 2 avril 2025 ( AFP / Bashar TALEB )

Vue aérienne d'un quartier de Jabalia dans le nord de Gaza dévasté par la guerre, le 2 avril 2025 ( AFP / Bashar TALEB )

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Vue aérienne d'un marché de fortune au milieu des décombres dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, le 2 avril 2025 ( AFP / Bashar TALEB )

Vue aérienne d'un marché de fortune au milieu des décombres dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, le 2 avril 2025 ( AFP / Bashar TALEB )

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

- "Guerre sans limite" -

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Une enfant près de corps de Palestiniens tués lors d'une frappe israélienne sur un bâtiment de l'ONU à Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, le 2 avril 2025 ( AFP / Omar AL-QATTAA )

Une enfant près de corps de Palestiniens tués lors d'une frappe israélienne sur un bâtiment de l'ONU à Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, le 2 avril 2025 ( AFP / Omar AL-QATTAA )

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.

6 commentaires

  • 08:25

    ZvR : Les palestiniens avaient eux égaleemnt 80 ans pour modifier de façon substantiel leur projet qui est la disparition d'Israël, et y substituer " vivre cote à cote dans les meilleurs conditions possible " .
    Du reste partout sur la planète il y a un dominant et un dominé .
    Faut faire avec quoi qu'on en pense .


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