Le Lutetia a été fondé en 1910 par la famille Boucicaut pour loger les fournisseurs et clients de province du Bon Marché voisin.

Le Lutetia, à Paris. ( AFP / FRANCK FIFE )
Le seule palace de la rive gauche parisienne, le Lutetia, est passé jeudi sous le pavillon du groupe asiatique d'hôtellerie de luxe Mandarin Oriental et se voit rebaptisé Mandarin Oriental Lutetia.
Le groupe hôtelier, propriété d'un conglomérat basé à Hong Kong et qui a décroché le contrat de gestion de l'emblématique palace parisien, gèrera ainsi deux établissement de luxe à Paris, sur chacune des rives de la Seine : le Mandarin Oriental, rue Saint Honoré, près de l'emblématique place Vendôme, et le Mandarin Oriental Lutetia, près du quartier de Saint-Germain-des-Prés.
Le Lutetia appartient depuis 2010 à Locka Holding BV, filiale du groupe israélien d'immobilier de luxe Alrov qui en garde les murs. La famille Akirov, propriétaire du groupe Alrov, et le PDG du groupe Mandarin Oriental Laurent Kleitman organisaient jeudi une cérémonie d'inauguration dans le palace de la rive gauche. La transaction, qui avait été dévoilée en décembre, restait soumise à la consultation des comités d'entreprise.
"Ville emblématique"
"Notre double présence à Paris souligne notre engagement profond envers cette ville emblématique, offrant à nos hôtes deux expressions distinctes mais complémentaires de l'hospitalité Mandarin Oriental", commente dans le communiqué Laurent Kleitman.
"Depuis sa réouverture en 2018, le Lutetia est rapidement devenu l'un des palaces les plus prisés de Paris. Nous nous réjouissons de soutenir et de travailler en étroite collaboration avec Mandarin Oriental pour la pérennité du Lutetia", réagit la famille Akirov, dans le même communiqué.
Fondé en 1910 par la famille Boucicaut, propriétaire du magasin Le Bon Marché, le Lutetia est le seul palace de la rive gauche de la Seine, tout près du grand magasin. Situé boulevard Raspail, entre Saint-Germain-des-Prés et Montparnasse, l'hôtel avait été édifié par Marguerite Boucicaut pour y loger fournisseurs et clients de province.
Surnommé "le paquebot", l'établissement au style Art nouveau et Art déco a accueilli des personnalités telles que Picasso, Matisse, Charles de Gaulle et James Joyce , qui a notamment terminé entre ses murs son roman Ulysse.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'hôtel a été réquisitionné par les forces d'occupation , abritant les services de renseignement allemands, puis à la Libération il a servi de lieu de refuge pour les personnes déportées de retour des camps, "ajoutant une dimension historique unique à son riche héritage", souligne le communiqué.
Le Lutetia a obtenu la distinction "Palace" en 2019, après quatre ans de travaux et une rénovation d'un coût de 200 millions d'euros signée par l'architecte Jean-Michel Wilmotte. Les travaux ont été financés par le groupe Alrov qui a déboursé 145 millions d'euros en 2010 pour son acquisition, avaient indiqué à l'époque des sources proches du dossier à l' AFP . L'établissement était auparavant dans l'escarcelle d'une société d'investissement américaine, Starwood Capital Group, qui l'avait elle-même acquis auprès de la famille Taittinger (champagne).
31 palaces en France
Il propose 184 chambres dont 47 suites. Certaines de ses suites ont été décorées par des célébrités, comme le réalisateur Francis Ford Coppola ou l'actrice Isabelle Huppert. Le prix d'une nuitée dans le palace va de 1.500 euros à plus de 10.000 euros pour une suite.
C'est l'un des 31 palaces que compte la France, une distinction récompensant "des caractéristiques exceptionnelles", comme "une situation géographique incomparable, un caractère de légende par le biais d'un intérêt historique ou une fréquentation de personnalités renommées...", selon Atout France, l'agence qui promeut le tourisme français à l'étranger.
Le groupe Mandarin Oriental exploite aujourd'hui 41 hôtels, 12 résidences et 24 maisons dans 26 pays et territoires.
Les chambres de son autre palace parisien, rue Saint Honoré, dont il a acheté les murs pour 290 millions d'euros en 2013, vont de 1.700 à plus de 20.000 euros la nuit pour une suite. Le chef Thierry Marx y a dirigé un restaurant pendant 14 ans avant d'annoncer son départ fin 2023 pour se concentrer sur ses autres projets. Le groupe, qui souhaite doubler son portefeuille au cours des dix prochaines années, a 28 chantiers en cours, à Athènes, Rome, Budapest, Miami, Koweït, au Caire ou encore à Vienne.
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