
Pour apaiser les tensions, le gouvernement propose une prime d'intéressement défiscalisée. De quoi s'agit-il ? (Crédits:Pixabay)
D'abord émise par Xavier Bertrand, l'idée a reçu l'approbation de Matignon et Bercy. Ce versement, optionnel, serait totalement exonéré d'impôts et de charges sociales.
Et maintenant, un coup de pouce pour les salariés? En plus des concessions accordées, notamment aux automobilistes avec l'annulation des hausses des taxes sur les carburants, le gouvernement pourrait concéder un nouveau cadeau aux salariés. Mercredi, le premier ministre Édouard Philippe s'est montré ouvert à l'idée d'«une prime exceptionnelle», soutenue par des chefs d'entreprise. L'objectif: soutenir le pouvoir d'achat et faire en sorte de «mieux récompenser le travail». Cette prime défiscalisé - sans charges sociales pour l'employeur ni impôts pour les employés - serait versée à titre exceptionnel aux salariés par les entreprises qui le décideraient.
Ce jeudi, plusieurs ministres ont approuvé cette idée. «Une prime totalement défiscalisée, j'y suis favorable, car ça permet de soutenir ceux qui travaillent», a affirmé le ministre des Finances Bruno Le Maire ce jeudi matin sur France 2. «Nous aurons l'occasion, j'imagine sous l'autorité du premier ministre, de voir dans les prochains jours comment nous pouvons dès l'année prochaine défiscaliser ces primes», a confirmé le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, quelques minutes plus tard sur France Inter. «Si les entreprises - et nous les encourageons à le faire - peuvent mieux redistribuer la différence entre le capital et le travail, j'y suis personnellement favorable.»
Rien d'obligatoire
En pleine crise des «gilets jaunes», cette option a été soufflée mardi sur BFMTV par Xavier Bertrand. Le président de la région Hauts-de-France a suggéré de créer «une prime de pouvoir d'achat» exceptionnelle, «de quelques centaines d'euros», exonérée d'impôt et de charges sociales, «qui viendrait en plus du salaire et en plus du 13e mois quand il existe.»
Cette proposition sera à l'agenda des discussions avec les partenaires sociaux lors de la grande concertation voulue par l'exécutif vendredi. Si les contours doivent encore être déterminés, l'idée est déjà défendue depuis longtemps par une partie du patronat.
Contacté par Le Figaro , François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises, rappelle que son organisation porte depuis plusieurs années une telle idée. «C'était dans nos 89 propositions pour la présidentielle et 85 propositions de la loi Pacte.» Plus précisément, la CPME demande à «pouvoir verser chaque année une prime, en une ou plusieurs fois, plafonnée à 1000 euros par salariés, nette de taxes et d'impôt», sur le principe des heures supplémentaires défiscalisées. «Bien sûr cela doit être optionnel car toute entreprise n'a pas les moyens de le faire», souligne-t-il.
L'association de chefs d'entreprise Ethic avait également fait une proposition en ce sens. Interrogée sur France 2, sa présidente Sophie de Menthon défend «une prime particulière pour une période particulière», avec «l'entreprise qui choisit combien elle peut donner, et à qui elle veut donner».
11 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer